Ordo Fratrum Minorum Capuccinorum 2

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updated 8:41 AM UTC, Dec 3, 2022

Père Umile de Gênes

Le pape François a autorisé le 7 juillet 2022 le Dicastère pour la Cause des Saints à publier le décret super virtutibus du père Umile de Gênes, fondateur du Sourire Franciscain et des Petites Servantes de l’Enfant-Jésus. Cette première étape est le fruit des nombreuses années de travail et de prière de tous ceux se sont engagés dans cette cause. Rappelons en particulier deux frères qui n’ont jamais douté de la valeur et de la sainteté de la vie du père Umile : le père Renato Galsadi († Gênes 2014) et le père Andrea Caruso († Lourdes 2019).

Le père Umile est né à Gênes le 21 avril 1898, second des trois enfants d’Antonio Bonzi et de Lavinia Podesta. Il est baptisé le 23 avril suivant dans la paroisse de Santa Maria dell’ Immacolata à Gênes et reçoit les noms de Joseph et Jean. De 1906 à 1910, il se rend à l’école de l’Institut Emmanuel Celeste de Gênes, puis à l’école technique Ugolino Vivaldi. Il y obtient un diplôme d’affaires commerciales en juillet 1916. Il est alors embauché par le Crédit Italien de Gênes, et passe l’année suivante à la Caisse d’Epargne-Mont-de-piété de Gênes. 

Le Serviteur de Dieu manifeste depuis ses plus jeunes années une sensibilité spirituelle peu commune, et une remarquable ardeur dans la recherche de Dieu. Le désir d’entrer dans l’ordre des frères mineurs capucins grandit en lui entre l’âge de 15 et 20 ans. Il connaissait ces derniers par l’intermédiaire du frère Taddeo Cambiaso da San Cipriano, frère quêteur. Le 15 août 1918 il commence donc son noviciat en recevant le nom de frère Umile (« Humble ») de Gênes. Il prononce ses vœux temporaires le 16 août 1919, et il est alors envoyé au couvent de Gênes-quarto pour les études de philosophie, puis au couvent de Gênes-Saint-Bernardin pour la théologie. Il prononce ses vœux perpétuels le 17 septembre 1922 et reçoit l’ordination sacerdotale le 25 janvier 1925. Envoyé à Rome le 17 octobre 1927, il suit un diplôme en philosophie auprès de l’académie pontificale Saint-Thomas, et le 2 juillet 1928 un diplôme en théologie auprès de l’Université Pontificale Grégorienne.

 De retour dans sa province, il enseigne au Studium théologique des capucins, et écrit différentes œuvres de théologie, dans lesquelles il approfondit en particulier l’expérience mystique de sainte Catherine de Gênes. Il exerce aussi le ministère de la prédication.

 Mais sa vie tranquille de professeur est bientôt bouleversée par les événements tragiques de la seconde guerre mondiale et de l’après-guerre. La ville est en effet dévastée par de terribles bombardements. Au milieu des ruines, le Serviteur de Dieu voit errer des enfants orphelins, affamés, sans logis, traumatisés… Pris de compassion, il commence à les recueillir au couvent Saint-Barnabé de Gênes. C’est ainsi que prend naissance en cette année tragique de 1945 ce qui deviendra par la suite l’œuvre du Sourire Franciscain qui se développera par diverses maisons, écoles, ateliers, dans le but d’accueillir les enfants orphelins et de former les jeunes au monde du travail. Tout au long des 23 années au cours desquelles il dirige le Sourire Franciscain, le père Umile sort quêter par les rues de Gênes, bien aimé et bien  accueilli de tous. 

Le 10 juillet 1948 le cardinal Giuseppe Siri érige le Sourire Franciscain en fondation de culte, reconnue l’année suivante également sur le plan civil. Le Sourire Franciscain est alors soumis à l’Ordinaire diocésain, et rendu plus autonome par rapport à la province religieuse des capucins. La position du Serviteur de Dieu, dépendant à la fois du cardinal Siri, et des capucins par sa condition de frère, ne manque pas de créer quelques tensions avec ses supérieurs religieux et ses confrères. Dans le même temps, l’œuvre se répand avec l’aide de confrères et de bienfaiteurs : de nouvelles maisons s’ouvrent ainsi à Gênes, à Savonne, à La Spezia. En 1946, le père Umile fonde les Petites Servantes de l’Enfant-Jésus, pour le service du Sourire Franciscain. Il commence aussi la fondation d’un séminaire destiné au même but, mais ce projet n’arrivera pas à terme. Le père Umile écrivait dans chacun de ses courriers en lettres majuscules : Dieu seul et son seul amour, révélant ainsi combien l’amour de Dieu était le centre de sa vie, de son action et de sa prière.

A la suite de saint François d’Assise, humble et pauvre, et dans l’expérience dramatique des blessures laissées par le second conflit mondial, il a découvert la volonté de Dieu et y a adhéré : Dieu l’appelait à vivre la charité concrète envers le prochain. Celui qui avait jusqu’alors enseigné la théologie s’immergera maintenant de tout son être et à temps plein dans les blessures de ces enfants innocents qui avaient subi la violence l’égoïsme des adultes, pour leur donner un avenir et les rendre à la vie. 

Il n’abandonne pas cependant la culture qui était jusqu’alors son principal engagement, mais il en use pour former une nouvelle génération d’hommes ouverts à l’espérance, futurs constructeurs de paix.

A partir de 1967, il commence à avoir de graves problèmes de santé qui l’affaiblissent progressivement en lui infligeant beaucoup de difficultés pour se déplacer. Le 8 septembre 1968 il se casse une épaule, et il est pour cela transféré au début de 1969 à la villa Santa Chiara, autrefois Villa Piuma, premier et principal siège du Sourire Franciscain. C’est là qu’il meurt le 9 février 1969, entouré des Petites Servantes et de ses plus proches collaborateurs.

Le Père Umile a été un vrai frère de charité et de compassion. Il a su répondre au cri silencieux d’une multitude d’enfants innocents, qui avaient tout perdu à cause de la violence d’une guerre qui avait semé, comme toujours, douleur et souffrance. Nous pouvons maintenant l’invoquer pour qu’il accorde à chacun la capacité de se dépenser et de se donner aux autres par des actes d’amour authentique. Qu’il nous obtienne aussi de construire l’unique vraie famille qui puisse donner la paix au monde entier, et lui annoncer que seule la paix que donne Jésus, le Seigneur, porte en soi la vérité, la justice et le pardon de Dieu.

Decreto Super Virtutibus

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Dernière modification le vendredi, 26 août 2022 08:02

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